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Né en 1968 à Barcelone, Víctor del Árbol a été policier après des études d’histoire. Il se consacre maintenant à l’écriture de romans, romans noirs et denses.

Ce livre est construit comme un millefeuille d’allers-retours entre les années 1930 et 2001-2002, mais aussi comme un puzzle. L’histoire est celle d’une famille : le premier personnage, un petit garçon qu’on assassine, puis sa mère policière détruite par cette mort, l’oncle Gonzalo, avocat plus ou moins raté et, le héros du roman, le Grand-père Elias Gil avec qui nous allons pénétrer dans l’URSS des années 30.

Jeune étudiant architecte communiste espagnol, titulaire d’une bourse Lénine, Elias se trouve avec trois autres jeunes idéalistes et des milliers de « droits communs » sur l’ile de Nazino (l’île des cannibales) sans vivres et sans abri. Il faut imaginer dès lors la survie dans cette jungle où sévit la loi du plus fort, où les caïds se fournissent en chair fraîche. Elias parviendra à fuir, et sa fuite réussit parce qu’il en paiera le coût… et quel coût ! Il n’aura pas assez de sa vie pour assumer sa culpabilité !

On le retrouvera agent de Beria pendant la guerre d’Espagne tantôt du côté des vainqueurs, tantôt dans les camps de réfugiés en France. Il en reviendra dans son pays auréolé de la gloire d’un héros ;

C’est donc un roman historique, un roman noir et un thriller qui nous amène à réfléchir à l’idéalisme et son devenir dans les révolutions, à l’utopie et à l’héroïsme confronté à l’instinct de survie et au mal absolu.

Annick V. C.

Toutes les vagues de l’océan, Víctor del Árbol, Actes Sud, 2014, coll. Actes noirs. 600 p. (Grand prix de littérature policière 2015 « roman étranger »).

Crédit photo : Electre.