quand nous étions orphelins

Notre bibliothèque municipale dispose depuis longtemps des œuvres de cet auteur, Prix Nobel de Littérature 2017 ; elles sont au nombre de neuf actuellement.

 Ishiguro nous introduit dans un univers romanesque passionnant. Il a l’art de construire un monde plus ou moins fictionnel caractérisé par la capacité à nous faire partager un monde émotionnel élaboré grâce à la mémoire, l’imaginaire et la réflexion.

 Personnellement, j’ai découvert cet auteur japonais qui vit en Angleterre depuis ses 5 ans en déambulant dans les rayons « Romans » de notre bibliothèque. Lecture d’un premier roman en juin 2017 (Lumière pâle sur les collines, 1984) et j’ai poursuivi par trois autres œuvres avant l’obtention du Prix Nobel 2017.

 Quand nous étions orphelins (2001) a déjà été lu par de nombreux lecteurs de notre bibliothèque à partir de octobre 2001. C’est ma cinquième lecture de cet auteur.

L’intrigue se déroule entre Londres (années 1930, 31, 37, puis 57) et Shanghai du temps où ce territoire était une concession internationale chinoise occidentale, convoitée par le Japon. Nous sommes dans les années 1937 et suivantes, très proches de la déflagration de la Seconde Guerre Mondiale.

Le narrateur, Christopher Banks, vit en Angleterre depuis ses 5 ans (comme l’auteur d’ailleurs), suite à la disparition de son père, puis de sa mère. Vingt après, il se rend à Shanghai pour tenter de découvrir ce qui s’est passé réellement alors pour ses parents. Sont-ils encore vivants ?

Détective célèbre en Angleterre, il compte bien élucider cette affaire en enquêtant sur place auprès de connaissances antérieures et auprès des divers responsables en place à Shanghai. Nous vivons avec lui les retours au passé, reconstitués avec le prisme de la mémoire des lieux et des personnes qui ont connu ses parents.

Mais sa présence à Shanghai lui donne aussi occasion de reconstituer le climat de l’époque, notamment l’aveuglement total des élites face aux prémices de la guerre. Les diplomates vivent d’abord de réceptions et de divertissements. Il y aussi la rencontre avec l’ambitieuse Sarah Hemmings.

 Roman séduisant qui se lit avec vif intérêt, alliance « du souffle de l’aventure et d’une réflexion sur les lieux de la mémoire » (quatrième de couverture).

Michel M.

Quand nous étions orphelins, Kazuo Ishiguro, Calmann-Lévy, 2001. 376p.

Crédit photo : Electre.